Le frelon asiatique classé nuisible, maintenant y a plus qu’à… mais…

Le frelon asiatique, Vespa velutina nigrithorax pour les intimes, a été décrit en 2004 dans le Lot-et-Garonne, introduit via Bordeaux par le biais de poteries importées de Chine.

Très vite, n’ayant que Vespa cabro, notre frelon européen, comme concurrent, notre asiatique a étendu son territoire (cf carte )

 

 

 

 

 

 

 

 

Et le problème, c’est que ce non-invité n’est pas sympathique! Contrairement à d’autres espèces déplacées qui se sont adaptées et qui ont une utilité locale (notre Vespa cabro a été introduit en amérique du nord où il contribue à lutter contre la pullulations de chenilles forestières sans poser de problèmes écologiques!), Vespa velutina est juste… un destructeur redoutable!!

Il s’attaque aux ruches et aux essaims d’abeilles, qu’il décime en tuant leur population, mettant en peril une espèce qui est utile pour la pollinisation et donc ce qui en découle (fruits, reproduction des plantes et arbres…). 5 frelons suffisent à mettre une ruche en péril! Ses piqûres sont dangereuses pour l’Homme qui s’approche du nid: 8 à 12 piqûres vous envoient à l’hôpital voire pire…

De plus il se reproduit vite et bien, et n’a pas de prédateur connu en Europe. Certains oiseaux s’attaquent aux nids comme les geais mais c’est insuffisant. Au japon, les abeilles locales savent se défendre, elles encerclent le sujet et agitent leur ailes pour faire monter la température. A 45°C notre frelon est cuit! Toutefois nos abeilles européennes ne se sont pas adaptées.

 

Le 26 décembre dernier, après avoir été annoncé en octobre, le classement en « danger sanitaire de niveau II », c’est à dire en nuisible soumis à des mesures de lutte obligatoire, est devenu effectif.

Voilà la chasse aux nids et aux femelles fondatrices (seules survivantes à l’hiver, elles se planquent en attendant le printemps après avoir rempli leur spermathèque pour relancer une colonie dès les beaux jours)  est officiellement ouverte!!

 

Et c’est là que ça se complique!

La destruction des nids : c’est le seul moyen de limiter la propagation de l’espèce. Il est indispensable de détruire les nids avant le début de l’élevage des fondatrices (début août), à l’aube ou au crépuscule l’activité étant diurne. Mais pour cela il faut:

  • localiser les nids, et TOUS les nids, qui se logent le plus souvent au sommet des feuillus ce qui est surtout aisé en hiver… quand leurs occupants meurent (les fondatrices sont les seules à survivre à cette période)! Ensuite il ne faut pas les confondre avec d’autres espèces ce qui est préjudiciable à la biodiversité
  • détruire ces nids et les moyens ne sont pas encore au point: l’utilisation massive de pesticides n’est pas spécifique et polluante mettant à terme en danger la biodiversité. Le dioxyde de soufre (SO²) est aujourd’hui le seul produit identifié comme étant efficace mais son utilisation est interdite, car il ne figure pas au Registre européen des substances biocides (au point que le problème devient politique). D’autres méthodes comme le feu, les coups de fusil dans les nids… se sont vus et sont non seulement inefficaces mais en plus dangereux et favorisent la propagation de l’espèce!

Le piègeage des fondatrices entre février et mai, avant qu’elles fondent une colonie, a été envisagé mais est fortement controversé: seuls 5% d’entre elles fondent un nid, mais il faudrait en pièger 100% pour que ce soit efficace… improbable!

Le piègeage des ouvrières peut être envisagé toute l’année mais cette méthode est pour l’instant peu efficace compte tenu d’une attractivité insuffisante des appâts. Elle peut avoir un effet, quoique discutable, sur les jeunes nids (avant juillet). Seul le piègeage des ouvrières à proximité des rûches « cibles » permet de diminuer localement la pression de prédation mais cela reste local et n’arrêtera pas l’invasion de l’espèce.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous en sommes à ce stade à ce jour! Le classement en nuisible est certes une avancée mais il nous manque encore les moyens d’arrêter l’invasion.

 

Une localisation de TOUS les nids et chauffage à 45°C minimum pendant 10 minutes histoire de « cuire » ce petit monde pendant la nuit?? Envoyer nos abeilles en stage chez leurs consoeurs japonaises? On peut rêver non?

 

Vous êtes confrontés au frelon asiatique? Vous êtes apiculteurs? Vos avis nous intéressent!

 

Déposez un message